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Méthodes biologiques et nouvelles niches commerciales

Le regard sur la pépinière est une joie.

D’innombrables arbres se développent sur 1,5 hectare. Ils donnent de l’ombre, du bois, des fruits et offrent une protection contre l’érosion. Sous le toit touffu des branches, des tas de compost et de fumier soigneusement recouverts de feuilles mortes. Les différentes plantations sont soigneusement disposées. « Ça n’a pas toujours été comme ça, sourit Monica Gatobu. Avant, nos rendements étaient médiocres parce que tout poussait n’importe comment, et les récoltes étaient très modestes. » La famille pouvait à peine en vivre, et parfois ça ne suffisait pas. Il a fallu prendre l’aide alimentaire du gouvernement. Aujourd’hui Monica, Joseph, leur fils handicapé ainsi que les deux enfants d’une fille décédée mangent à leur faim et gagnent de l’argent avec les excédents des récoltes.

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L’agriculture biologique et les variétés locales

Le redressement a commencé avec la formation pratique en agriculture biologique financée par Biovision et menée par l’Institut kenyan pour la culture et l’écologie (ICE). Cette organisation kenyane s’engage pour la préservation de la culture autochtone, la promotion de méthodes adaptées d’agriculture et la protection de l’environnement. Une attention particulière est accordée aux variétés indigènes de légumes, de céréales et de fruits. Joseph Gatobu y voit de nombreux avantages: «Nos variétés anciennes sont savoureuses et saines. On peut les cultiver facilement et économiquement, car elles ne nécessitent pas d’additifs chimiques.» Les paysans peuvent produire eux-mêmes les semences et les plants des variétés locales, ce qui n’est pas le cas avec les hybrides modernes. Ils deviennent ainsi indépendants des semenciers. «Les plantes indigènes demandent moins d’eau. Elles résistent mieux à la sécheresse et à la maladie», conclut-il avec conviction.

Sécurité alimentaire et revenus

Sur le marché, les variétés traditionnelles s’arrachent. Selon Monica, elles étaient autrefois communes et très populaires. Au fil du temps cependant, on les avait oubliées parce qu’en ville, seules les espèces modernes étaient proposées à la vente. Maintenant, la demande pour les légumes et fruits oubliés monte en flèche, grâce au bouche-à-oreille: «Aujourd’hui, les clients achètent même les bananes et les patates douces directement de la ferme», dit-elle avec satisfaction. En plus, il y a les revenus de la vente du lait. Madame Gatobu est convaincue par les variétés locales : elles permettent d’améliorer leur propre sécurité alimentaire. Elle rappelle un autre avantage du projet: «Il a renforcé la cohésion entre nous paysans. Aujourd’hui, nous avons plus d’échanges et nous travaillons davantage ensemble.»

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