conservation mais afrique

L’après-midi est avancé et il fait un peu frais. Franael Martine a porté un pull-over blanc pour se protéger du froid et se promène dans son champ de maïs pour inspecter ses plants. Bien que ses plants soient verts et frais, monsieur Martine affirme que les épis de maïs mûrissent bien, et qu’ils seront sous peu dorés. Il espère bien pouvoir commencer à récolter bientôt et faire sécher son maïs pour éviter les pertes après récolte.

Il explique : « Cela fait plus de 30 ans que je cultive le maïs. Il est très important de faire sécher le maïs, car des grains bien séchés se conservent plus longtemps. »

Monsieur Martine vit à Usa-River, un village de la région d’Arusha, en Tanzanie. Là-bas, les cultivateurs et les cultivatrices emploient trois méthodes pour faire sécher le maïs avant de l’entreposer.

Il explique : « Vous pouvez laisser le maïs sécher complètement au champ avant de le récolter, couper les tiges avec les épis et les entasser pour qu’ils sèchent avant de prélever les épis, ou le récolter en laissant les tiges au champ et faire sécher les épis à la maison. »

Parmi ces méthodes, monsieur Martine préfère la troisième, à savoir emporter les épis à la maison pour les faire sécher plus. Il déclare : « À la maison, je les bats et les fais sécher sur une bâche (une grande toile imperméable) pendant deux ou trois jours. »

À ses dires, il est risqué d’entasser les tiges avec les épis au champ, car les oiseaux, les fourmis et d’autres organismes nuisibles détruisent souvent les grains de maïs. Il ajoute que le fait de sécher le maïs sur une bâche pendant quelques jours après la récolte assure un séchage suffisant des grains pour l’entreposage.

Pour vérifier si les grains sont prêts à être entreposés, monsieur Martine croque généralement quelques grains. S’ils sont trop durs à croquer, cela est signe qu’ils peuvent être entreposés.

Dinna Alex est une cultivatrice de maïs originaire du village de Usa-River qui pratique cette culture depuis plus de 15 ans. Quand ses tiges de maïs dorent, elle cueille les épis tout comme monsieur Martine et les transporte chez elle pour mieux les faire sécher.

Madame Alex soutient que, pendant la période de séchage, de juillet à septembre, il y a des formations de brouillard qui perturbent le processus de séchage. Madame Alex sèche son maïs sur une bâche et, lorsqu’il y a du brouillard, elle rabat celle-ci sur les grains pour les protéger.

À l’instar de monsieur Martine, madame Alex aussi essaie d’écraser les grains entre les dents pour s’assurer qu’ils sont assez secs. Puis, elle vanne le maïs avant l’entreposage pour éliminer les déchets tels que la balle ou les morceaux de tiges.

Fatuma Chelangwa travaille à l’Institut de recherche agricole de Tanzanie. Selon elle, l’organisme de recherche recommande les bâches aux agriculteurs et aux agricultrices, car ils coûtent moins cher et sont faciles à trouver. La bâche de cinq mètres carrés coûte entre 25 000 et 30 000 shillings tanzaniens (11 $ à 13 $ US), et une peut servir à faire sécher 200 kilogrammes de maïs.

Pour vérifier si le maïs est assez sec pour l’entreposage, madame Chelangwa affirme que les paysans et les paysannes peuvent, soit utiliser un humidimètre pour mesurer la teneur en humidité, croquer les grains, soit utiliser la méthode du sel et de la bouteille.

Selon elle, plusieurs préfèrent croquer les grains, car cela est facile et moins coûteux.

Pour les personnes qui veulent utiliser l’humidimètre, il leur est conseillé de faire sécher leur maïs de sorte à obtenir une teneur en eau de 13 %. Cependant, plusieurs agriculteurs et agricultrices trouvent cette méthode coûteuse et on n’en trouve pas facilement sur le marché.

Pour utiliser la méthode du sel et de la bouteille, madame Chelangwa indique que le paysan ou la paysanne doit mettre du sel dans une bouteille sèche et transparente, ajouter du maïs, fermer le couvercle et laisser le mélange reposer pendant 12 heures ou plus. Si le sel colle aux parois de la bouteille après qu’on a secoué celle-ci, c’est que le maïs n’est pas suffisamment sec pour l’entreposage.

Elle soutient qu’il y a de nombreux avantages à sécher soigneusement le maïs. En effet, cela permet aux grains de maïs d’être plus résistants aux attaques de ravageurs et de champignons, de ne pas se décomposer et de préserver leur qualité.

Comme certains cultivateurs et cultivatrices n’ont pas les moyens d’acheter les bâches, ils emploient des méthodes de séchage insalubres. Selon madame Chelangwa, ces méthodes consistent à faire sécher le maïs à terre, sur un sol en ciment, sur les toits des maisons ou dans des sacs en sisal. Elle affirme que ces méthodes comportent des risques, car elles favorisent l’augmentation de l’humidité dans les grains de maïs. Un environnement humide favorise l’apparition de champignons, dont ceux qui produisent les aflatoxines.

Monsieur Martine soutient qu’un maïs bien séché se vend à de bons prix sur le marché, car c’est celui-ci que les client(e)s préfèrent, et que cela lui permet d’avoir un meilleur revenu. Il ajoute : « J’utilise l’argent du maïs pour payer la scolarité de mes enfants, offrir de bons repas à ma famille et payer les factures d’électricité et d’eau entre autres. »

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