legumineuses amelioration sols
Les cultures légumineuses fixatrices d’azote pourraient être une alternative pour améliorer la nutrition azotée et augmenter les rendements des cultures. Cette recherche avait pour objectif d’évaluer les contributions en azote de l’arachide ( Arachis hypogea) et du niébé (Vigna unguiculata) et leurs impacts sur la nutrition azoté et les rendements du sorgho (

Sorghum bicolor ) et du cotonnier (Gossypium spp) en rotation. Les expérimentations ont été conduites au Burkina Faso dans les zones guinéenne à Farakô-Ba (405 m d’altitude) et soudanienne à Kouaré (850 m d’altitude). La fixation symbiotique de l’azote (FSA), l’influence des deux légumineuses sur l’azote minéral du sol, les rendements des cultures et les nématodes ont été évalués à Farakô-Ba par un essai factoriel 7×6 correspondant à 7 rotations culturales et 6 fumures utilisées respectivement comme premier et second facteur. Un dispositif en split plot avec 4 répétitions a été utilisé. La FSA a été mesurée avec les méthodes de la différence d’azote total (DNT) et de la dilution isotopique (DI). Les valeurs de remplacement en fertilisant azoté (VRFA) ont été mesurées à Farakô-Ba sur deux années. À la première année (2000), un dispositif en blocs de Fisher avec 4 cultures (arachide, niébé, maïs et sorgho) en 4 répétitions était utilisé. À la deuxième année (2001), chaque parcelle était subdivisées en cinq sous parcelles recevant 5 doses d’engrais azoté (0, 20, 40, 60 et 80 kg  N-1). Les effets à long terme des légumineuses sur les cultures subséquentes, le recouvrement de l’azote, les propriétés chimiques du sol et les nématodes ont été étudiés  par deux expérimentations de longue durée à Farakô-Ba et Kouaré, avec des systèmes de rotations spécifiques à chaque site. À Kouaré, le dispositif était un factoriel 5×6 correspondant à 5 rotations et 6 fumures utilisées respectivement comme premier et second facteur. À Farakô-Ba le dispositif était un factoriel 10×8 correspondant à 10 rotations et 8 fumures utilisées respectivement comme premier et second facteur. Une disposition en split plot avec 4 répétitions était utilisée sur les deux sites.

Les quantités d’azote fixé par les légumineuses variaient selon les années. L’arachide fixait en moyenne 8 à 23 kg N ha-1, couvrant 27 à 34 % de ses besoins en N. Lorsque le sol était amendé par le phosphate naturel (PN), la dolomie ou le fumier, l’arachide fixait respectivement 5, 6 ou 12 fois plus d’azote dans l’atmosphère comparativement à la fumure minérale seule. Le niébé fixait 50 à 115 kg N ha-1, soit 52 à 56 % de ses besoins en azote. Comparativement à l’engrais minéral seul, l’association de l’engrais minéral avec le PN, la dolomie et le fumier augmentaient l’azote fixé par le niébé de 50, 120 et 130% respectivement. La méthode de la DI a donné des résultats plus précis que la méthode de la DNT. Comparativement à la monoculture de sorgho, les précédents arachide et niébé augmentaient l’azote minéral de 13 à 40 % et de 20 à 25 % respectivement. Après les précédents arachide et niébé, le sorgho prélevait 2 à 3 fois plus d’azote, 2 fois plus de P et ses rendements augmentaient de 60 à 300 % respectivement. L’arachide et le niébé avaient des VRFA de 32 et 25 Kg N ha-1 respectivement. À Kouaré, les rotations Niébé-Sorgho et Jachère-Sorgho augmentaient respectivement l’azote  provenant du sol de 14 et 88 % et le coefficient réel d’utilisation de l’engrais azoté de 9 et 5 unités comparativement à la monoculture. À Farakô-Ba, les rotations Coton-Arachide-Sorgho et Jachère-Sorgho augmentaient respectivement l’azote provenant du sol de 150 et 130 % et le coefficient d’utilisation de l’engrais azoté de 32 et 13 unités respectivement. Le sol ainsi que le sorgho de la rotation Arachide-Sorgho étaient 11 et 18 fois moins infectés par les nématodes alors que dans la rotation Niébé-Sorgho ils étaient 2 fois plus infectés comparativement à la monoculture de sorgho. Les résultats indiquent que les rotations comportant des légumineuses augmentent l’azote disponible, améliorent l’utilisation de l’engrais et valorisent mieux les faibles doses d’engrais utilisées par les  producteurs. Après les précédents arachide et niébé, les doses d’engrais azoté nécessaires  pour atteindre les rendements maximums de sorgho étaient de 51 et 58 kg N ha-1 respectivement. La FSA, la nutrition azotée et la productivité des systèmes traditionnels  peuvent être améliorées à moindre coûts par les rotations avec les cultures légumineuses et l’utilisation de la dolomie, des amendements organiques et des phosphates naturels qui sont mieux valorisés par les légumineuses.

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