La force des réseaux marchands féminins

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Les femmes contribuent de façon significative à l’économie alimentaire de l’Afrique de l’Ouest : elles participent activement à la production, à la valorisation et à la vente des produis agricoles. Ce rapport du secrétariat de l’OCDE, rédigé en partenariat avec le Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, illustre les opportunités du commerce alimentaire pour répondre aux défis de l’urbanisation, mais aussi et surtout met en lumière les contraintes rencontrées par les femmes.

Les auteurs se sont penchés sur l’organisation du commerce du riz dans la zone du Dendi (Bénin, Niger, Nigeria). Ils s’appuient sur une méthodologie encore peu courante – l’analyse des réseaux sociaux (social network analysis) – et cartographient les relations d’affaires entre près de 2 000 entrepreneurs. Dans cet exemple, aucune variable n’est plus discriminante que le genre : les hommes sont plus éduqués et ont un revenu cinq fois supérieur à celui des femmes.

Ces différences se traduisent par un moindre accès aux services financiers et à une moindre mobilité, tant sociale que spatiale, pour les femmes. Ces dernières occupent une position plus périphérique dans les réseaux, sont moins nombreuses, possèdent moins de partenaires commerciaux, jouent moins le rôle d’intermédiaire et sont moins bien connectées aux acteurs très centraux que les hommes.

L’analyse de ces relations d’affaires dans la filière du riz confirme que les activités des femmes sont limitées par la structure même du réseau commercial qui impose une division inégale du travail. Les différences de genre sont particulièrement visibles parmi les acteurs qui possèdent à la fois un fort enracinement local et des liens d’affaires plus étendus.

Pour promouvoir l’entrepreneuriat féminin, les politiques de développement doivent donc s’appuyer sur les réseaux dans lesquels figurent les femmes. Le rapport préconise de renforcer le capital social de ces dernières en encourageant la multiplication des relations d’affaires au sein même de la communauté où elles vivent, relations ancrées dans la culture locale, synonyme de solidarité et de protection contre les incertitudes du commerce dans la région.

Les auteurs notent aussi que le champ de la promotion économique féminine est fragmenté et ils recommandent une meilleure coordination des initiatives, un effort de concertation qui passe par le renforcement des échanges informels comme formels entre experts des organisations (États, organisations internationales, ONG).

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