lombriculture kenya

Josphat Macharia se tient sur un grand fût en plastique dans son exploitation agricole, au sud-ouest du Kenya. Il ramasse une poignée de boue et examine les vers qui se tortillent dans sa main.
Il déclare : « Ceux-ci sont prêts pour la récolte. »
En disant cela, monsieur Macharia insinue qu’il est temps d’ajouter de l’eau au fût. Cela permet aux vers de produire un fluide, dont il se servira pour fertiliser un lopin de choux.
Une longue sécheresse et une inondation causée par un orage ont érodé les sols fertiles de certaines zones rurales du Kenya. Cela oblige les agriculteurs qui composent avec des rendements faibles à trouver des solutions de rechange économiques aux engrais en vue d’améliorer les sols et accroître la production agricole.
L’élevage des vers, appelé lombriculture, est une solution simple qui permet aux agriculteurs de recueillir des déchets de vers nutritifs. Ils épandent ces déchets, qui sont en fait un liquide noirâtre visqueux qui dégage une odeur d’œufs pourris, comme ils l’auraient fait avec un engrais synthétique.
La production du « jus de vers » peut être rébarbative : cela nécessite un contrôle quotidien des vers pour s’assurer qu’ils restent en vie. Mais la fabrication ne coûte presque rien.
Monsieur Macharia déclare : « Tout ce dont j’ai besoin, c’est une poignée de vers de terre, de l’eau [et] des déchets de cuisine et agricoles pour fabriquer de l’engrais organique pour ma ferme. »
Pour obtenir assez d’engrais pour son terrain de cinq acres, monsieur Macharia élève les vers dans cinq fûts de 20 litres, et applique le « jus » tous les deux ou trois jours.
Ses cultures poussent bien : ses tomates, son maïs et ses fraises croissent bien. En fait, la réussite des cultures implique que monsieur Macharia n’a plus besoin d’utiliser d’engrais synthétiques.
Il déclare : « Vous pouvez voir que les cultures se portent très bien. Elles sont nourries avec des matières organiques. »
Aux dires des experts, la dégradation des sols est un problème majeur en Afrique. Rien qu’en Afrique subsaharienne, près de 180 millions de personnes sont touchées par ce problème qui coûte 68 milliards par an, selon un rapport publié par Agriculture for Impact en 2014. Ce rapport révèle que le changement climatique, la désertification, la diminution des substances minérales nutritives, la mauvaise utilisation des engrais et le manque d’infrastructures aggravent le problème.
Ben Momanyi est chercheur à la Jomo Kenyatta University of Agriculture and Technology, ou JKUAT. Il affirme que la lombriculture est de plus en plus pratiquée au centre du Kenya et dans certaines localités de la vallée du Rift où l’agriculture est la principale activité économique.
L’institut de l’énergie et des technologies environnementales de la JKUAT vend le kilogramme de vermisseaux à 2 500 shillings (24,60 $ US). Il faut quatre mois aux vers pour devenir adultes.
Monsieur Momanyi déclare : « Il n’est pas facile de savoir combien d’agriculteurs utilisent cette technique étant donné que certains la pratiquent à une très petite échelle. »
Pour les agriculteurs comme monsieur Macharia, les engrais synthétiques coûtent cher.
Le plus important peut-être pour les agriculteurs de subsistance, c’est que le jus de vers ne cause aucun souci.
Monsieur Macharia a découvert la lombriculture lors d’un voyage d’études aux États-Unis. Il soutient que l’adoption de l’agriculture biologique chez lui pourrait assurer une bonne santé aux sols à long terme et contribuer à la protection de l’environnement.
Monsieur Macharia déclare : « Lorsque l’environnement est sain, la nourriture que nous consommons est saine et tout le monde sera en bonne santé. »

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