Les légumineuses dans les systèmes de culture en plein champ

La culture intercalaire

La culture intercalaire implique de cultiver deux ou plusieurs cultures simultanément, dans le même champ. La culture intercalaire peut être la meilleure approche pour les zones à courte saison des pluies. L’aménagement spatial des cultures devrait permettre l’utilisation maximale de la terre. Une sorte de configuration de ligne est généralement préférable pour faciliter la gestion. La figure de gauche représente une rangée de légumineuses alternées avec une rangée de maïs. Dans la figure droite, les céréales et les légumineuses sont cultivés dans des «bandes» alternées, chaque bande étant constituée de plus d’une rangée.

La culture intercalaire du maïs avec le niébé en rangées (en Afrique du Sud, A-à gauche) ou en bandes (ECHO en Floride; B-à droite) alternées. La photo de la culture en bandes (à droite) illustre un système développé au Nigeria par l’Institut international d’agriculture tropicale, dans lequel quatre rangées de niébé sont alternées avec deux rangées de maïs; les agriculteurs étaient disposés à consacrer moins de rangées au maïs en raison de la valeur élevée du grain de niébé.. Source: Tim Motis

La culture en bandes réduit la concurrence entre les cultures, mais les vignes des légumineuses peuvent ne pas couvrir tout le sol sous la culture céréalière. La culture de relai est une forme de culture intercalaire dans laquelle la légumineuse est cultivée dans une culture de céréales peu avant la récolte des céréales

Parfois, la légumineuse n’est semée que quelques semaines après une culture principale. Quoi qu’il en soit, un délai permet aux agriculteurs d’intégrer des légumineuses compétitives et à croissance rapide avec des cultures céréalières de base. Pour que la culture de relai réussisse, la saison des pluies doit être assez longue pour semer la légumineuse en retard.

Rotation

Une culture céréalière et une légumineuse peuvent également être cultivées dans le même champ – ou sur une portion d’un champ – de façon alternée sur plusieurs saisons. Cette approche minimise la concurrence et la possibilité que les parasites passent de la légumineuse à une culture principale. Les cultures peuvent être cultivées en rotation entre des blocs d’espace dans un champ pour permettre à l’agriculteur de cultiver chaque année une céréale de base. Dans chacun de ces scénarios, y compris celui de la culture intercalaire, la rotation peut être utilisée pour briser les cycles des mauvaises herbes et des nuisibles. Par exemple, des légumineuses peuvent être cultivées sur des rangées qui ont été consacrées à une culture céréalière au cours d’une saison précédente; de même, une culture céréalière peut être cultivée sur des rangées sur lesquelles on a préalablement cultivé une légumineuse.

Intégrez les arbres

L’utilisation des arbres dans l’AC est une forme «d’Agriculture doublement verte»,un concept dans lequel des arbres sont plantés pour du carburant, des engrais, des aliments, de la fibre et du fourrage. Les arbres peuvent être intégrés dans le système de plantation de plusieurs façons:

Aux abords d’un champ

Plantés autour de la limite d’un champ, des arbres tels que Gliricidia sepium peuvent être utilisés comme clôture.

Dispersé dans les champs à un grand espacement

Dans les régions tropicales, il a été démontré que les cultures annuelles bénéficient de 10 à 15% d’ombre, et cela est obtenu en plantant des arbres de 10 à 15 m d’écart. Dans les zones de montagne en Asie du Sud-Est, des arbres fruitiers comme la mangue sont parfois dispersés dans les zones de culture en plein champ, ce qui augmente la diversité des produits agricoles.

Dans certaines parties de l’Afrique, des arbres Faidherbia (Faidherbia albida) sont plantés en association avec des cultures céréalières annuelles et / ou des légumineuses (Centre mondial de l’agroforesterie). Faidherbia produit ses feuilles pendant la saison sèche, fournissant de l’ombre et une source d’alimentation pour les animaux en période de sécheresse (Heuzé et Tran 2016). Il entre alors en dormance pendant la saison des pluies, déposant une abondance d’engrais organique (à travers les feuilles et les gousses qui tombent au sol) et permettant à la lumière d’atteindre les cultures sous les arbres. Cela peut ne pas être le cas dans les zones à courte et longue saison pluvieuse.

La Régénération Naturelle Assistée, un système développé en Afrique de l’Ouest, tire avantage d’une «forêt souterraine» de souches déjà existantes (d’arbres coupés précédemment). On laisse ces souches repousser, en contrôlant la repousse pour faciliter la croissance des cultures annuelles et fournir du bois de chauffe et / ou de construction. Une approche similaire, fondée sur la RNA, mais avec une plantation plus intentionnelle d’acacias comestibles, est le Système d’agroforesterie gérée par les agriculteurs.

Une forme de la TATP dans le nord-est de l’Inde, dans laquelle des cultures vivaces telles que l’aréquier (Areca catechu) sont cultivées entre des rangées de Tephrosia candida. Les plantes vivaces requièrent moins de désherbage que les cultures annuelles. Source: Rick Burnette

En rangées le long des contours des coteaux

Des rangées d’arbres peuvent être plantées le long des contours des coteaux, avec des cultures annuelles et / ou pérennes plantées dans l’espace entre les rangées d’arbres. Cela se fait dans un système appelé TATP (technique agricole pour les terres en pente), développé aux Philippines pour réduire l’érosion sur les pentes abruptes. Il intègre la diversification des cultures et le paillis (élagage des arbres) et peut être pratiqué grâce à des labours restreints (Figure 10).

Incorporez des plantes présentant des racines différentes

La combinaison d’espèces de plantes, qu’elles soient cultivées ensemble ou en séquence, devrait être choisie en tenant compte des caractéristiques des racines – et des interactions connexes entre le sol et les microbes.

Mettez en œuvre une stratégie de lutte contre les maladies et les ravageurs

La diversification des cultures peut réduire l’incidence des ravageurs. Les légumineuses, par exemple, ont réduit l’incidence du parasite de plante striga dans les grains de céréales (Gworgwor 2002, Kureh et al., 2006). Un bon mélange de cultures, cultivées ensemble ou en séquence, favorise les organismes bénéfiques, tout en réduisant l’accès aux ravageurs et aux maladies des plantes. Songez à adopter une approche appelée lutte intégrée pour réduire le risque de propagation d’un organisme nuisible ou d’un pathogène d’une plante à une autre. La lutte intégrée implique de surveiller les parasites pour une intervention en temps opportun, de cultiver des cultures saines en conjonction avec un contrôle naturel des nuisibles et une utilisation limitée des pesticides. Dans une approche de la lutte intégrée composée de deux parties appelée «Push-Pull», les plantes aux abords attirent (tirent) les insectes nuisibles vers les abords du champ et les plantes intercalées repoussent (poussent) les insectes loin de la culture principale.

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