Les combustibles obtenus à partir de déchets d’origine naturelle en Afrique

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charbon vert briquette afrique

Présentation synthétique de l’état de lieux et des retours d’expérience

Une part importante des déchets ménagers est de nature combustible. En fait, toute la fraction organique, qui va des déchets putrescibles aux plastiques, en passant par le bois, le caoutchouc, le cuir, le papier, le car ton, les textiles, les déchets hygiéniques, est un combustible potentiel.

Mais l’incinération de l’ensemble des déchets, telle qu’elle se pratique dans les pays du nord, n’est pas envisageable dans les pays du sud, du fait du coût d’investissement et de fonctionnement de ce type de technologie, et de la très forte humidité de ces déchets.

Cependant, si les déchets sont triés, on peut envisager d’en valoriser une partie sous forme d’énergie. Mais les combustibles issus de déchets nécessitent certaines précautions liées à la nature des matériaux utilisés, la combustion dégageant des particules gazeuses et des poussières susceptibles d’être toxiques non seulement selon le mode de combustion mais aussi selon la nature des produits brûlés. Il est donc important de bien cadrer ce qu’il est possible de faire, dans des conditions économiques intéressantes mais aussi dans des conditions sanitaires et environnementales satisfaisantes. L’usage de déchets d’origine naturelle comme les papier-cartons, sciure de bois, déchet végétaux, comme combustible peuvent présenter le double avantage d’être une énergie alternative au bois et charbon de bois qui est un facteur important de la déforestation aux abords des villes, et même au-delà, tout en étant une solution à bas coût de gestion des déchets, limitant les coûts de transport et de traitement des déchets en décharge.

On dénombre de nombreuses expériences sur la valorisation de ces déchets sous deux principales formes : La compression de déchets non carbonisés, avec l’ajout éventuel d’un liant :cette technique est souvent utilisée pour les déchets de papier-carton, mais on la trouve aussi dans le cas de sous-produits agricoles mélangés à de l’argile.La compression de déchets carbonisés, avec l’ajout d’un liant : cette technique permet de traiter toutes sortes de déchets naturels mais avec des variations de qualité en fonction du type de déchet carbonisé.

Ces combustibles alternatifs qui arrivent sur un marché très concurrentiel, rencontrent beaucoup de difficultés pour être acceptés par les potentiels clients. Ces difficultés viennent du fait que la qualité de ces combustibles est très différente de celle des combustibles traditionnels. De plus, ces différentes qualités entraînent souvent un changement de comportement des utilisateurs : augmentation de la consommation, vidage des cendres plus fréquent, allumage plus ou moins facile… tous ces changements d’habitude sont autant de freins à l’entrée sur le marché de ces combustibles alternatifs.

Exemple de deux types de combustibles produits à partir de déchets d’origine naturelle

Bûchettes papier-carton

Technique générale

Les bûchettes papier-car ton sont principalement faites à par tir de déchets de papier et de car ton (ajout par fois d’autres biomasses végétales sèches). Ceux-ci doivent donc être triés au préalable. Ils sont ensuite mis à tremper dans un bassin d’eau durant 24 à 48h puis ils sont malaxés pour être transformés en une sorte de pâte à papier. Cette pâte est ensuite mise dans un moule puis compactée à l’aide d’une presse. Ceci extrait de la pâte la majeure partie de l’eau qu’elle contenait et elle prend la forme du moule (bûchette, briquettes, boulets…). Une fois démoulées, il faut bien les faire sécher avant de pouvoir les utiliser comme combustible.

Il est possible d’employer différents type d’outils pour broyer, malaxer et presser les bûchettes, et cet outillage peut avoir un impact très important sur la viabilité d’un tel projet. Il faut trouver le bon compromis entre productivité et frais de fonctionnement des machines.

Combustible à base de déchets carbonisés

Technique générale

La production de combustible à base de charbon, communément appelé « charbon ver t », consiste à carboniser par pyrolyse différents déchets d’origine naturelle (bois, feuilles mortes, papier-car ton, tissu, coques d’arachide, balles de riz…) et de réduire ce charbon en poudre. Cette poudre de charbon est ensuite agglomérée à l’aide d’un liant (amidon de manioc, gomme arabique, mélasse…) et d’un système de presse pour prendre toute sorte de forme (bûchettes, briquettes, boulettes…) donnant à ces combustibles un aspect plus ou moins similaire à celui du charbon de bois.

Qu’en conclure

Chaque situation de production de combustible est un cas particulier et il est très difficile de tirer des généralités, si ce n’est sur l’efficacité de l’outillage. Il s’agit d’une solution pertinente pour la réduction de la consommation des combustibles classiques (bois et charbon de bois) et ainsi de la réduction de la pression sur la ressource forestière. Cela peut également être une solution pour le traitement d’une partie des déchets urbains alternative à l’enfouissement ou aux dépôts sauvages.Bien que l’équilibre économique de ces structures de combustibles alternatifs soit précaire, il est possible de les rendre rentables. Mais cet équilibre économique n’est trouvé dans la plupart des cas que grâce à l’inventivité des entrepreneurs qui en sont à la tête. Elle repose avant tout sur de bonnes compétences managériales et commerciales, car au-delà des problèmes purement techniques de production, c’est sur tout grâce à des techniques de commercialisation et de marketing ingénieuses et réfléchies que les producteurs arrivent à trouver une place pour leurs « charbons verts » dans le secteur très concurrentiel du combustible.

Pour la commercialisation d’un combustible alternatif, il est nécessaire de bien connaître ses propriétés, pour diffuser un message clair aux utilisateurs. Il n’existe pas encore de réel dispositif de test permettant de caractériser ces combustibles. Cependant, le Water-Boiling Test, simple et facile à réaliser, permet de comparer des combustibles aisément. Il consiste à mesurer et comparer le temps pour amener à ébullition 1 litre d’eau à l’aide de différents combustibles.

Enfin, l’un des écueils souvent rencontrés est celui de la surestimation du gisement de matière première ou d’une sous-estimation de son coût. Face à cela, il est préférable de commencer ces activités à l’échelle de micro-projet pour adapter les techniques, la main d’œuvre et le produit à la demande et aux exigences des clients. Dans un contexte urbain de gestion des déchets, la collectivité doit assumer les frais de transport de traitement des déchets. Ces unités de valorisation de déchets sous forme de combustible peuvent faire l’objet d’une rémunération partielle par les pouvoirs publics dans la mesure où elles permettent le détournement d’une partie du gisement de déchets.

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