Changements et innovations dans les systèmes d’élevage en Afrique

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En Afrique, les élevages d’herbivores dépendent largement de prélèvements directs sur la végétation spontanée et cultivée si bien que la carte des systèmes d’élevage épouse grosso modo la répartition spatiale de la végétation, qui est elle même déterminée par les régimes pluviométriques et par les températures. Cette cartographie sommaire peut être nuancée si l’on prend en compte l’altitude, la présence de vecteurs de maladies (comme les glossines), la proximité d’un cours d’eau et de périmètres irrigués (Nil, Niger…), la présence de grands centres urbains ou au contraire l’enclavement. C’est ainsi que les systèmes pastoraux dominent dans les zones arides ou subhumides peu peuplées, que les systèmes mixtes avec intégration de l’agriculture pluviale et de l’élevage dominent dans les zones plus densément
peuplées en zone de savanes subsaharienne, en zones à climat méditerranéen en Afrique du Nord et du Sud et sur les hautes terres (Ethiopie, Kenya, Madagascar…), que les systèmes mixtes associés aux cultures irriguées dominent dans les zones de delta (Nil, Niger…),
et que les systèmes spécialisés se multiplient dans les zones périurbaines.

Aujourd’hui, les systèmes mixtes sont numériquement majoritaires en Afrique. Ils concernent environ 60% du cheptel bovin contre 34%pour les systèmes pastoraux. Cette évolution est récente puisqu’en 2000 estimaient que les systèmes pastoraux couvraient environ 60%de l’offre en viande bovine, de petits ruminants et de lait. Les systèmes mixtes occupent moins d’espace que les systèmes pastoraux, puisqu’ils ne concernent, en moyenne, que 24% de la
surface des pays contre 62% pour les  systèmes pastoraux. En conséquence, ils ont un
caractère plus intensif et dans les régions où ils se développent, la densité moyenne de bovins s’élève à environ 9,9 têtes/km² contre 2,2 têtes/km² dans les zones pastorales. Enfin, les régions concernées par les systèmes mixtes concentrent 68% de la population du continent, ce qui les place en contact direct avec un marché potentiel très important. Du fait de leur importance numérique qui ne fait que croître, ils constituent un levier important pour le développement de l’élevage en Afrique.

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